Il n'y a aucune raison pour que le Canada ne puisse imiter les succès du Royaume-Uni et créer un pôle nord-américain de la finance islamique.

Le Royaume-Uni et la finance islamique

Le Royaume-Uni a introduit les finances islamiques dans le monde occidental il y a quelques années 15. Le Royaume-Uni a accueilli le premier institut financier islamique autonome dans l'Union européenne et a depuis réussi à garantir la plus grande valeur des avoirs conformes à la charia de tout pays non musulman. Selon le recensement de 2011, le Royaume-Uni a une population musulmane d'environ 5%, ce qui constitue un fondement solide pour la croissance. En mars de 2013, le gouvernement a créé le premier groupe de travail sur la finance islamique au Royaume-Uni, avec pour mandat d'aider à renforcer le statut de Londres en tant que plaque tournante occidentale des finances islamiques. L’un des objectifs essentiels de ce groupe de travail est de collaborer avec le secrétariat britannique des finances islamiques afin de renforcer le profil international du secteur. En juin, 2014, le Royaume-Uni, a mis en œuvre la vente à grande échelle de Sukuks, qui a attiré plus de milliards de £ 2 d'investisseurs mondiaux. Il est important que le Canada étudie et apprenne du Royaume-Uni et développe un pôle nord-américain de la finance islamique.

Les étapes que le Canada doit franchir

Pour que le Canada mette en place un pôle financier islamique nord-américain, il est essentiel que les Canadiens utilisent le modèle de réussite que le Royaume-Uni a déjà mis en place et adapté depuis près de deux décennies. L'une des premières étapes à franchir par le Canada consiste à introduire la finance islamique à une plus grande échelle. Les données recueillies dans 2011 ont permis de déterminer que 3.2% des Canadiens sont musulmans, ce qui crée un excellent fondement pour la croissance, un peu à la différence de celui du Royaume-Uni. Pour renforcer davantage la participation du public à la finance islamique, le Canada doit créer un groupe de travail gouvernemental chargé de mandater et de promouvoir la vente de la finance islamique. Le groupe de travail doit montrer pourquoi le Canada est le choix privilégié du monde musulman pour investir en Amérique du Nord. Le Canada doit présenter le Sukuk comme un Sukuk al-ijarah qui paiera des avantages basés sur les revenus de location de propriétés appartenant au gouvernement au lieu de riba (intérêts), comme le Royaume-Uni l'a fait dans 2014. L'introduction de Sukuk attirerait des investisseurs mondiaux et aiderait à renforcer la position du Canada en tant que chef de file nord-américain de la finance islamique. L'approche du Royaume-Uni a été de niveler le terrain pour les produits financiers islamiques et les opportunités d'investissement traditionnelles. Le Royaume-Uni a donc réagi de manière proactive à toute inégalité de traitement en introduisant une législation corrective. Mohamad Sawwaf croit que, pour que le Canada réussisse, il doit avoir la même approche de la finance islamique.

Ce que le Canada a à gagner

L’introduction du Canada en tant que plaque tournante nord-américaine des finances islamiques s’avère extrêmement bénéfique pour tous les citoyens canadiens. Avec le succès rencontré par le Royaume-Uni auprès des investisseurs mondiaux, il est facile de comprendre pourquoi le Canada doit mettre en place un système plus structuré pour gérer les milliards de dollars potentiellement investis par les investisseurs mondiaux. La finance et les institutions islamiques donneraient un coup de pouce bienvenu à l'économie canadienne. Il a été observé que la croissance de la finance islamique au Royaume-Uni a été bénéfique pour tous les citoyens, ce qui a conduit à la conviction que la finance islamique doit être accessible à tous. Les citoyens canadiens bénéficieront d'un plus grand choix de services financiers, en particulier ceux dont les convictions religieuses empêchent l'accès à la finance traditionnelle nord-américaine. À plus grande échelle, l'ensemble du pays bénéficierait des services financiers promis par l'Islam, et le succès en tant que plaque tournante nord-américaine renforcerait les avantages pour tous les Canadiens.